
Malgré un nombre limité de participantes, la manifestation féministe qui a eu lieu ce dimanche après-midi à Dakar a eu un impact retentissant. Les activistes ont élevé la voix avec force pour exiger l’arrêt des féminicides, scandant des slogans évocateurs tels que « Le silence, ça suffit » et « La mort ne vous appartient pas ! ». Aminata Libain Mbengue, figure de proue de ce mouvement, et ses camarades ont directement interpellé l’État du Sénégal.
Aminata Libain Mbengue a rappelé l’engagement présidentiel : « Lors de son discours du 31 décembre, le président de la République avait formellement promis de prendre des mesures pour endiguer les féminicides. Cependant, ces actions concrètes se font toujours attendre. Nous voulons savoir combien de femmes et de jeunes filles devront encore périr pour que l’État du Sénégal assume enfin ses responsabilités. »
Le gouvernement sommé de réagir
La porte-parole des manifestantes féministes a dénoncé avec véhémence le mutisme des autorités face à ce fléau, trop souvent banalisé et réduit à un simple fait divers dans la presse. « Il est inconcevable qu’un bébé de deux ans soit violé et tué par trois hommes sans qu’un communiqué ne soit émis par le ministère de la Famille et des Solidarités », a martelé Aminata Libain Mbengue. Elle a qualifié cette situation de « scandale ! », insistant sur la nécessité pour le gouvernement de poser des actes forts après chaque meurtre de femme ou de fille. Elle a souligné que c’est un devoir fondamental de l’État de protéger les femmes et les filles du pays. Pour les militantes, la reconnaissance du féminicide dans le code pénal est une urgence absolue, car, a-t-elle affirmé, « la vie des femmes ne doit plus attendre. »
Après quelques instants, la manifestation s’est achevée, mais les féministes ont lancé un avertissement clair : elles organiseront un nouveau rassemblement à chaque fois qu’une femme sera assassinée, et ce, jusqu’à ce que l’État réagisse de manière décisive.