Le 13 octobre 2026, Emmanuel Macron et Mahamat Idriss Déby ont signé une déclaration d’intention sur la coopération de défense. Ce texte relance un partenariat militaire après le retrait des forces françaises du Tchad et les ruptures avec le Mali, le Burkina Faso et le Niger. Voici l’essentiel.
Une signature à l’Élysée pour acter la relance
Reçu à l’Élysée le mardi 13 octobre 2026, le président tchadien Mahamat Idriss Déby a rencontré Emmanuel Macron. À l’issue de cet entretien, les ministres de la Défense des deux pays ont paraphé une déclaration d’intention. Ce document fixe un nouveau cadre de coopération militaire.
Près de deux ans après la fin de l’accord de 2024
En novembre 2024, N’Djamena avait décidé de mettre un terme à l’accord de coopération militaire avec la France. Le retrait des soldats français et la restitution des installations, achevés début 2025, ont mis fin à la présence permanente française au Tchad. Ce pays était le point d’appui des opérations françaises en Afrique.
Un partenariat recentré sur la formation et l’industrie
La déclaration du 13 octobre établit une coopération axée sur la formation, l’expertise, l’industrie et les technologies. Objectif : accroître directement les capacités des forces armées tchadiennes. Paris redéfinit ainsi ses partenariats africains après les départs militaires du Mali, du Burkina Faso et du Niger. Ces ruptures ont réduit la présence française au Sahel et marqué la fin du modèle reposant sur des dispositifs permanents.
Le Tchad, partenaire central
Sa position géographique, à proximité du Soudan en guerre, de la Libye et du bassin du lac Tchad, en fait un acteur clé des enjeux sécuritaires. Surveillance des frontières, lutte contre les groupes armés et renforcement des capacités opérationnelles sont les piliers de cette coopération à portée régionale. La reprise du dialogue avec N’Djamena adopte une nouvelle formule : les besoins sont définis par les autorités tchadiennes, dans un cadre bilatéral strict.
Le Niger, une équation diplomatique sensible
Cette relance intervient dans un climat tendu entre Paris et Niamey. Dans la nuit du 28 au 29 août 2026, une tentative de déstabilisation a visé Niamey, notamment autour de la base aérienne 101. Le gouvernement nigérien a mis en cause la France et plusieurs acteurs étrangers, dont le Tchad. Paris a rejeté ces accusations.
La proximité géographique entre le Tchad et le Niger donne à cette affaire une importance particulière. Les deux pays partagent des préoccupations sécuritaires, mais leurs orientations diplomatiques divergent. Dans ce contexte, le rapprochement franco-tchadien retient l’attention des autorités nigériennes. La déclaration du 13 octobre définit exclusivement le cadre bilatéral entre Paris et N’Djamena. L’objectif : structurer la coopération dans une région où la présence militaire est un sujet politique majeur et où les gouvernements appliquent une autonomie stricte.
Au-delà de la défense, l’enjeu du développement
La rencontre du 13 octobre a aussi acté des avancées économiques et culturelles. Les deux présidents ont engagé le développement de leurs relations au bénéfice des entreprises et des populations. Cette orientation concrétise la dynamique de rapprochement de l’année 2026, après plusieurs mois de tensions bilatérales.
Le volet économique consolide la relation dans des secteurs clés : infrastructures, énergie, santé, transports et éducation. Pour les deux gouvernements, il s’agit de dépasser une coopération historiquement dominée par les questions militaires et de donner une place centrale aux investissements et aux échanges.
Cette ambition répond à des défis majeurs. Au Tchad, les besoins en matière de développement, d’emploi et de services publics sont prioritaires. Parallèlement, les conflits dans les pays voisins impactent la stabilité et les ressources disponibles. La coopération sécuritaire s’accompagne donc d’actions directes répondant aux besoins des populations.
Un test pour la diplomatie française au Sahel
La déclaration d’intention signée à Paris constitue une étape politique majeure. Elle sera suivie d’engagements précis : formation, transferts d’expertise, coopérations technologiques et soutien opérationnel.
Pour Emmanuel Macron, le repositionnement consiste à rebâtir la relation avec le Tchad sous une forme renouvelée. Pour Mahamat Idriss Déby, il s’agit de renforcer les capacités de son pays tout en conservant la pleine maîtrise de ses choix stratégiques.
Le rapprochement franco-tchadien matérialise le redéploiement et la redéfinition du rôle de la France dans une région où les équilibres diplomatiques et sécuritaires évoluent. Après les retraits militaires et les tensions passées, Paris et N’Djamena repartent sur de nouvelles bases. Ce partenariat renouvelé concilie les intérêts des deux États, répond aux exigences sécuritaires régionales et s’impose face aux tensions diplomatiques qui traversent le Sahel.

