À l’issue de sa visite à Kinshasa, le président burundais et président en exercice de l’Union africaine, Évariste Ndayishimiye, a réitéré l’engagement de son pays en faveur de la stabilité dans l’Est de la République démocratique du Congo, région marquée par des violences liées aux groupes armés locaux et étrangers ainsi qu’à la rébellion de l’AFC/M23 soutenue par le Rwanda.
Lors d’un point de presse conjoint avec son homologue congolais, le chef de l’État burundais a souligné que la situation sécuritaire dans l’Est de la RDC avait été un des sujets centraux de leurs discussions durant cette visite d’État de 48 heures.
« Nos échanges ont porté en grande partie sur la paix et la sécurité dans l’est de la RDC. Nous avons fait une évaluation complète de la situation sécuritaire dans cette zone et j’ai manifesté mon appui aux initiatives diplomatiques régionales et internationales visant à instaurer une paix durable et à assurer la stabilité dans la région des Grands Lacs », a déclaré Évariste Ndayishimiye.
Le président burundais a souligné la nécessité d’une approche globale pour mettre fin aux violences persistantes.
« Le Burundi est convaincu qu’une résolution durable des crises qui touchent l’est de la RDC requiert une approche globale et intégrée afin de briser les cycles répétés de violence et de favoriser le développement socio-économique des populations concernées », a-t-il ajouté.
Évoquant les menaces sécuritaires, Ndayishimiye a plaidé pour un renforcement de la coopération entre les pays des Grands Lacs.
« Face aux menaces des groupes terroristes étrangers et des forces négatives qui opèrent dans l’est de la RDC, le Burundi juge nécessaire de poursuivre et d’intensifier la mutualisation des efforts entre les États de la région », a-t-il affirmé.
Le chef de l’État burundais a également exprimé le soutien de son pays aux mécanismes diplomatiques en cours pour le retour de la paix en RDC. Il a réaffirmé son engagement personnel dans les médiations africaines.
« Le Burundi appuie toutes les initiatives visant à restaurer une paix durable en RDC, notamment les processus de Washington et de Doha, ainsi que les efforts de l’Union africaine via son médiateur pour la paix en RDC, appuyé par un panel d’anciens chefs d’État africains. J’ai réitéré mon engagement personnel dans la médiation africaine, à travers un mécanisme de suivi des processus en cours », a-t-il confié.
Cette rencontre entre Félix Tshisekedi et Évariste Ndayishimiye survient dans un contexte marqué par des tentatives diplomatiques – accords de Washington et processus de Doha – visant à instaurer un cessez-le-feu durable et à relancer le dialogue entre les parties au conflit qui ensanglante l’Est de la RDC depuis plusieurs années. Cependant, ces initiatives n’ont pas encore produit de résultats concrets sur le terrain, les hostilités entre la rébellion et les forces gouvernementales se poursuivant.
Face à cette situation, de nombreuses voix aux niveaux national, régional et international appellent au respect des engagements pris dans le cadre des initiatives de paix. Ces appels restent pour l’instant sans effet notable. L’objectif de réduire l’écart entre les réalités du terrain et les avancées diplomatiques tarde à se concrétiser, chaque partie interprétant les dispositions des accords selon sa propre lecture, rendant leur mise en œuvre incertaine.