Le Ghana, premier producteur d’or du continent africain, a décidé de serrer la vis. Accra renforce le contrôle de son secteur minier pour faire respecter les règles environnementales, freiner l’exploitation illégale et maximiser les retombées économiques de l’or. Une série de mesures et d’inspections cible désormais les compagnies, sans distinction d’origine.
Des sanctions concrètes contre les contrevenants
Plusieurs entreprises sont déjà dans le viseur. Cardinal Namdini, filiale du chinois Shandong Gold, est épinglée après un déversement de résidus miniers. L’Autorité ghanéenne de protection de l’environnement pointe une canalisation mal raccordée à l’origine de la fuite. L’entreprise aurait aussi tardé à signaler l’incident, ce qui lui a valu un préavis de fermeture.
Autre cas : Earl International, une autre société chinoise, a vu son exploitation suspendue pour suspicion d’extraction illégale. Elle affirme avoir corrigé le tir et obtenu le feu vert pour reprendre. Mais les contrôles ne visent pas que les opérateurs chinois. La mine de Tarkwa, exploitée par le sud-africain Gold Fields, a aussi été inspectée. Les conclusions n’ont pas filtré.
Pourquoi Accra durcit le ton
Ces inspections renforcées répondent à plusieurs priorités : prévenir les dégâts environnementaux, lutter contre l’exploitation illégale et faire profiter davantage la population des ressources du pays. Le gouvernement veut aussi mieux contrôler les licences et les revenus de l’or, dans un contexte de pressions budgétaires et de cours élevés du métal jaune. Les réformes annoncées cherchent à augmenter la participation des entreprises locales et à limiter les prête-noms qui permettent à des acteurs étrangers d’obtenir indirectement des droits miniers.
Vers une surveillance continue
L’exécutif ghanéen veut passer d’inspections ponctuelles à un suivi régulier des sites. Objectif : détecter plus vite les infractions et responsabiliser les exploitants sur la sécurité et l’environnement.
Redevances et nouvelle loi en préparation
En parallèle, le gouvernement prévoit d’augmenter les redevances minières et peaufine une nouvelle loi sur le secteur. Ces mesures doivent renforcer le contrôle de l’État, accroître les revenus tirés de l’or et donner plus de place aux entreprises ghanéennes.
Ce tour de vis traduit une volonté de mieux encadrer une activité vitale pour l’économie. Reste à voir comment les nouvelles règles seront appliquées et si elles concilieront production, protection de l’environnement et retombées pour la population.

