Le Bénin, un hub stratégique pour les investisseurs coréens

SÉOUL — Le Bénin se positionne comme une porte d’entrée privilégiée vers le marché ouest-africain. C’est ce qu’a souligné la ministre béninoise des Affaires étrangères, Corinne Amori Brunet, lors d’un entretien exclusif accordé en marge de la réunion ministérielle Corée-Afrique, qui s’est tenue à Séoul au début du mois de juin.

« Le Bénin, bien que modeste en taille, offre bien plus qu’un simple marché. » C’est par cette formule que la cheffe de la diplomatie béninoise a résumé les atouts de son pays. Parmi eux, la stabilité politique, des politiques incitatives pour les investisseurs et une localisation stratégique au cœur de l’Afrique de l’Ouest. Contrairement à certains pays riches en ressources naturelles, le Bénin mise avant tout sur son positionnement géographique et son dynamisme économique.

Un carrefour économique et logistique au service de l’Afrique de l’Ouest

Membre actif de la CEDEAO et de l’UEMOA, le Bénin joue un rôle clé dans le commerce régional. Son port de Cotonou, principal hub maritime du pays, facilite les échanges avec les pays voisins. Grâce à des réformes douanières numérisées et à une logistique optimisée, il dessert l’ensemble de l’Afrique de l’Ouest.

« Nous ne cherchons pas nécessairement à exploiter des minerais critiques, notre priorité reste l’attraction des investisseurs et le développement du commerce intra-africain », a déclaré Corinne Amori Brunet. Le pays mise sur sa transformation industrielle et ses infrastructures modernes pour attirer les partenaires étrangers, dont la Corée du Sud.

Des réformes ambitieuses sous l’ère Wadagni

Depuis près de dix ans, le Bénin connaît une profonde modernisation. Les infrastructures portuaires, comme le port de Cotonou, ont été modernisées pour intégrer des technologies numériques. La zone industrielle de Glo-Djigbé, l’un des principaux pôles économiques du pays, illustre cette dynamique. Par ailleurs, l’administration béninoise a basculé vers le numérique, simplifiant les démarches pour les entreprises.

« Ces réformes s’accélèrent depuis l’arrivée de l’administration du président Romuald Wadagni », a précisé la ministre. Le pays mise sur une attractivité renforcée pour les investissements directs, notamment en provenance de Corée du Sud.

Renforcer les liens avec la Corée du Sud

Corinne Amori Brunet a exprimé sa volonté de renforcer la coopération avec Séoul dans plusieurs domaines : investissements, développement industriel et échanges culturels. « La Corée du Sud et le Bénin partagent une trajectoire similaire, celle d’une transformation rapide grâce à la discipline et aux réformes », a-t-elle affirmé.

Elle a également évoqué la restitution de 26 artefacts béninois pillés par la France et rapatriés en 2021. Une exposition itinérante de ces œuvres pourrait prochainement être organisée à Séoul, afin de mettre en valeur le patrimoine culturel béninois.

« Nous partageons une histoire commune avec la Corée. Tout comme elle a su se développer en une génération, nous œuvrons depuis plus de dix ans pour transformer notre nation. »

Cette rencontre à Séoul marque une étape importante après le sommet Corée-Afrique de 2024. Elle permet de concrétiser les engagements pris lors de cet événement et d’ouvrir de nouvelles perspectives de collaboration.