Au Mali, l’étau se resserre entre groupes armés et djihadistes

Le Mali fait face à une escalade sans précédent de violences, où les combats entre factions armées et groupes djihadistes s’étendent désormais jusqu’aux portes de Bamako. Les habitants subissent de plein fouet cette dégradation sécuritaire, tandis que les autorités peinent à rétablir l’ordre malgré des mesures radicales.

Un collaborateur municipal en pleine consultation administrative dans un bureau éclairé naturellement.

Un conflit qui dépasse les frontières du nord

La crise malienne, née de la révolte touarègue de 2012 et de l’effondrement institutionnel qui a suivi, prend aujourd’hui une nouvelle dimension. Après la reprise symbolique de Kidal par l’armée en 2023, les affrontements se multiplient dans tout le pays. Les groupes armés, qu’ils soient djihadistes ou indépendantistes, exploitent les failles de l’État pour étendre leur influence.

Les djihadistes, notamment le GSIM lié à Al-Qaïda, frappent désormais des cibles stratégiques à Bamako, comme l’école de gendarmerie de Faladié ou l’aéroport militaire. Ces attaques, revendiquées en 2024 et 2026, illustrent une volonté de déstabiliser le pouvoir central et de semer la terreur parmi les civils.

Les mesures sécuritaires aggravent la crise humanitaire

Face à cette menace, les autorités maliennes ont adopté des mesures drastiques. Depuis juin 2026, la vente et l’usage de motos puissantes sont interdits hors des grandes villes, tandis que des zones militaires sont instaurées pour limiter les déplacements des civils. Pourtant, ces décisions peinent à endiguer l’insécurité et alourdissent les conditions de vie des populations.

Les Nations unies ont alerté sur la détérioration rapide de la situation : déplacements forcés, pénuries alimentaires et restrictions d’accès à l’aide humanitaire touchent des milliers de Maliens. Les attaques coordonnées de 2026 ont exacerbé cette crise, plongeant les régions les plus vulnérables dans un chaos quotidien.

Alliances fragiles et stratégies de déstabilisation

Les groupes armés, qu’ils soient djihadistes ou rebelles touaregs, adoptent des tactiques différentes mais complémentaires. Les premiers misent sur l’usure de l’État en ciblant les infrastructures et les forces de sécurité. Les seconds, bien que revendiquant l’autonomie de l’Azawad, s’allient ponctuellement avec les djihadistes, brouillant leur image et semant la méfiance parmi les civils.

La junte malienne, quant à elle, mise sur un discours souverainiste pour mobiliser la population autour de sa lutte contre les « ennemis extérieurs ». Cette rhétorique lui permet de justifier les restrictions sécuritaires, mais elle ne résout pas les fractures internes ni l’insécurité grandissante.

Le jeu diplomatique complique la résolution du conflit

Les tensions autour du soutien ukrainien présumé aux rebelles touaregs en 2024 ont servi de prétexte à Bamako pour renforcer ses liens avec Moscou. Le départ des forces françaises et la montée en puissance des groupes russes ont redéfini les équilibres régionaux, mais n’ont pas mis fin à l’insurrection.

Les relations avec Kiev restent tendues, sans preuve tangible d’un soutien concret aux rebelles. Pourtant, ces accusations ont permis à la junte de renforcer son discours anti-occidental et de consolider son alliance avec la Russie. Une stratégie qui, pour l’instant, ne suffit pas à rétablir la sécurité.

Un avenir incertain pour le Mali

Les prochains mois seront déterminants. La capacité de la junte à contenir les offensives du GSIM et des rebelles touaregs, ainsi que l’évolution des alliances régionales, façonneront l’avenir du pays. Une chose est sûre : les civils paient le prix fort de ce conflit sans fin, entre déplacements forcés, insécurité et effondrement des services de base.

Pour Bamako, l’enjeu n’est plus seulement militaire, mais aussi humanitaire. Sans une réponse adaptée, la crise pourrait s’aggraver, plongeant le Mali dans une spirale de violences et de précarité sans précédent.