Ousmane Sonko, figure majeure de l’opposition sénégalaise et président du parti PASTEF, a brisé le silence ce mardi lors d’une conférence de presse empreinte de franchise. Il a livré une version sans fard des événements ayant conduit à son éviction du gouvernement, mettant fin à des semaines d’incertitudes et de rumeurs.

Un dialogue tendu avec le chef de l’État

Selon ses déclarations, c’est le président Bassirou Diomaye Faye lui-même qui a initié la confrontation en le convoquant au Palais présidentiel. « Il m’a signifié que notre collaboration ne pouvait plus se poursuivre », a révélé Sonko, précisant que plusieurs de ses prises de parole publiques avaient été pointées du doigt. Fier et déterminé, il a choisi de ne pas subir en silence : « Je lui ai clairement indiqué que je ne m’opposerais pas à sa décision. Je lui ai même proposé de mettre fin à mon mandat sans détour. »

Une offre de départ ignorée

Avant cette rupture, Sonko avait lui-même suggéré au président de le remplacer à son poste ministériel par la présidence de l’Assemblée nationale. Il s’était engagé à soutenir pleinement la gouvernance de Faye, une proposition restée sans réponse concrète. « J’avais proposé de quitter le gouvernement pour un rôle différent, mais cela n’a pas abouti », a-t-il souligné.

La rupture assumée par le pouvoir

Déterminé à ne pas endosser la responsabilité de cette séparation, il a martelé : « Je ne pouvais pas porter le poids de cette décision. » Sonko a ainsi replacé les faits dans leur contexte pour l’opinion publique, clarifiant que l’initiative venait exclusivement de la présidence.

Cette déclaration marque un tournant dans les relations entre les deux hommes, révélant les tensions sous-jacentes au sein de l’exécutif sénégalais.