
Une tentative de coup d’État a été déjouée au Bénin ce dimanche matin à Cotonou, capitale économique du pays. Selon les autorités béninoises, des militaires ont tenté de renverser le président Patrice Talon, en place depuis 2016. Voici les éléments clés de cette crise politique.
Le gouvernement béninois a affirmé avoir neutralisé cette opération visant à destituer Patrice Talon, toujours en sécurité selon son entourage. Le chef de l’État doit achever son second mandat en avril 2026, conformément à la Constitution.
Une prise de parole télévisée des putschistes
Huit militaires, formant le « Comité militaire pour la refondation », ont annoncé à la télévision publique béninoise avoir suspendu Patrice Talon. Leur chef, un lieutenant-colonel, a été présenté comme le nouveau dirigeant. Leurs revendications reposaient sur trois points principaux :
- La détérioration de la situation sécuritaire dans le nord du Bénin, où des violences jihadistes persistent ;
- Des promotions jugées injustes au sein de l’armée ;
- Une remise en cause des libertés fondamentales par le pouvoir en place.
Ils ont également dénoncé le manque de soutien envers les soldats tombés au combat et leurs familles.
L’armée béninoise dans la riposte
Contrairement aux putschistes, l’armée régulière a réagi promptement. Le ministre de l’Intérieur, Alassane Seidou, a confirmé la restitution du contrôle aux forces armées. Des coups de feu ont été signalés à Cotonou, mais les zones stratégiques, comme la présidence ou la télévision nationale, restaient sous surveillance militaire.
Une source militaire cité par l’AFP a précisé que les instigateurs n’avaient ni accès au palais présidentiel, ni au domicile de Patrice Talon. Le processus de « nettoyage » était en cours pour rétablir l’ordre, selon cette même source.
Réactions internationales et contexte politique
La Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a condamné cette tentative de subversion constitutionnelle, réaffirmant son soutien au gouvernement béninois. L’Union africaine (UA) a également dénoncé cette action, exigeant le retour immédiat des militaires dans leurs casernes.
Cette crise survient dans un contexte où Patrice Talon, malgré une croissance économique notable, est critiqué pour un virage autoritaire dans un pays autrefois reconnu pour sa démocratie. Son parti domine la scène politique, tandis que l’opposition est marginalisée.
L’Afrique de l’Ouest, déjà marquée par des coups d’État récents au Mali, au Burkina Faso, au Niger ou en Guinée, voit le Bénin résister à cette tendance, grâce à la mobilisation des forces armées.