Réponse de Moussa Bala Fofana aux critiques d’Ousmane Sonko au sein du Pastef

Dans un contexte politique complexe, le ministre Moussa Bala Fofana prend position face aux déclarations d’Ousmane Sonko. Il réaffirme sans détour son engagement envers le président Bassirou Diomaye Faye et défend le principe de la continuité de l’État, malgré les tensions internes au sein du PASTEF.
Un ministre sous le feu des critiques
La récente prise de parole de Moussa Bala Fofana, ministre de l’Urbanisme, des Collectivités territoriales et de l’Aménagement des territoires, survient dans un contexte politique particulièrement tendu au sein du PASTEF. Les débats sur la loyauté des membres reconduits dans le gouvernement ont en effet alimenté les discussions ces dernières semaines.
Dans sa déclaration, le ministre clarifie sa position après les propos d’Ousmane Sonko, président du parti, qui avait évoqué des cas de responsables gouvernementaux accusés de s’écarter des orientations politiques du mouvement. Reconduit pour la troisième fois à son poste, Moussa Bala Fofana met en avant sa fidélité envers le chef de l’État, Bassirou Diomaye Faye, et salue la confiance renouvelée qu’il a reçue de sa part.
Loyauté institutionnelle et engagement public
Moussa Bala Fofana précise n’avoir pas connu Bassirou Diomaye Faye avant l’arrivée au pouvoir de la coalition politique, mais il souligne avoir découvert un cadre de travail dédié à la mise en œuvre des politiques publiques. Il évoque également sa collaboration passée avec Ousmane Sonko, aujourd’hui président de l’Assemblée nationale, qu’il présente comme une figure majeure du projet politique initial. Malgré les divergences actuelles, il affirme que les relations personnelles et politiques construites dans ce cadre restent solides.
Face aux critiques attribuées à Ousmane Sonko dans sa déclaration du 2 juin 2026, Moussa Bala Fofana rejette toute idée de rupture ou de désobéissance partisane. Il déclare avec fermeté : « oui, j’ai agi en toute liberté et à titre personnel ». Selon lui, sa décision de rester au gouvernement n’a été dictée ni par des ambitions personnelles ni par une volonté de défiance, mais par une interprétation personnelle de ses responsabilités publiques. Il insiste sur le fait qu’aucune pression politique n’a influencé son choix.
Entre discipline partisane et devoir national
Le ministre explique avoir effectué un arbitrage entre la discipline partisane et la responsabilité nationale. Il indique avoir privilégié ce qu’il considère comme la continuité des engagements pris devant les citoyens lors de la campagne de 2024. Dans ses mots, il s’agit d’un choix guidé par la conscience et le devoir : « entre une logique partisane et mon devoir envers la Nation, j’ai choisi de poursuivre la mission qui m’avait été confiée ». Cette position s’inscrit, selon lui, dans une logique de service public où l’intérêt général prime sur les considérations politiques immédiates.
Moussa Bala Fofana assume pleinement les conséquences de son positionnement et reconnaît les tensions que sa décision peut susciter au sein de son ancien parti. Il accepte d’avance les critiques et les incompréhensions, privilégiant la continuité administrative et la mise en œuvre des politiques publiques, qu’il juge essentielles dans le contexte actuel. Il conclut en rappelant que les enjeux nationaux dépassent les clivages partisans et affirme : « le Sénégal est plus grand que chacun d’entre nous ». Il revendique ainsi une loyauté envers ce qu’il appelle sa « conscience et le service public ».