Le ministre rwandais des Affaires étrangères, Olivier Nduhungirehe, était l’invité principal de cette édition. Lors de leur dernière réunion à Londres, les autorités de Kigali et de Kinshasa ont réaffirmé leur volonté de désamorcer les tensions persistantes, notamment dans la région de Minembwe. Elles se sont également engagées à élargir les prérogatives du mécanisme de vérification du cessez-le-feu, conformément aux accords signés à Washington.

Cette rencontre s’est tenue dans un contexte marqué par des pressions accrues de la part des États-Unis. Washington a en effet intensifié ses sanctions contre plusieurs responsables et entreprises rwandaises, les accusant de faciliter le trafic illégal d’or et de coltan extraits des zones contrôlées par les groupes armés comme l’AFC/M23. Lors de sa prise de parole au Conseil de sécurité, l’émissaire américain Massad Boulos a directement questionné le respect des engagements pris par Kigali. Face à ces accusations répétées, le Rwanda maintient-il sa position ? C’est ce que nous a expliqué Olivier Nduhungirehe lors de cet entretien exclusif.

Le ministre des Affaires étrangères du Rwanda, Olivier Nduhungirehe, lors de la signature d'un accord de paix entre son pays et la République démocratique du Congo, à Washington, en juin 2025.

Une réunion à Londres pour apaiser les tensions

La sixième session du Comité conjoint de suivi de l’accord de paix entre la RDC et le Rwanda s’est tenue à Londres la semaine dernière. Les deux délégations ont réitéré leur détermination à réduire les frictions, en particulier autour de la localité de Minembwe. Elles ont également proposé d’étendre les compétences du mécanisme de vérification du cessez-le-feu, afin de renforcer sa crédibilité et son efficacité.

Les sanctions américaines : un signal fort envers Kigali

Les tensions entre les deux pays ne se limitent pas aux questions frontalières. Les États-Unis ont récemment ciblé des personnalités et des entreprises rwandaises, les accusant d’être impliquées dans l’exploitation illégale des ressources minières dans l’est de la RDC. Ces accusations, formulées lors d’une intervention au Conseil de sécurité, ont mis en lumière la nécessité pour Kigali de clarifier sa position. Les sanctions américaines, de plus en plus fréquentes, visent à contraindre le Rwanda à aligner ses actions sur les engagements internationaux.

Olivier Nduhungirehe face aux accusations : une réponse attendue

Face à ces pressions, le ministre rwandais des Affaires étrangères a été interrogé sur la capacité de son pays à honorer les obligations découlant des accords de Washington. Dans un entretien exclusif, Olivier Nduhungirehe a détaillé les mesures prises par Kigali pour répondre aux critiques et démontrer sa bonne foi dans la résolution des conflits régionaux.